Recommencer l’IEF avec un tout-petit : ce que mes grands m’ont appris
Il y a des livres qui ne restent jamais bien longtemps sur l’étagère, chez nous. Celui-là, elle l’a sorti ce matin, encore une fois et elle s’est installée sur le tapis avec cette façon qu’elle a de tourner chaque page comme si c’était la première fois qu’elle la découvrait.
C’est dans ces petits moments que tout est là. L’essentiel, je veux dire.
Ce blog est né de ça. Pas d’un grand plan ni d’une stratégie. D’une envie simple de poser des mots sur ce qu’on vit, ma petite dernière et moi, dans ce quotidien d’instruction en famille que j’ai choisi pour elle, une décision prise bien avant même sa naissance.
Bienvenue dans le cocon.
L’IEF, une évidence depuis le début

Quand mon aîné est né, l’instruction en famille était encore peu connue, peu documentée. On en parlait à peine. Mais pour moi, c’était une évidence, pas une mode, pas un idéal à atteindre. Juste ce qui me semblait juste pour lui, et pour ses frères qui sont arrivés ensuite.
Mes trois garçons – 19, 17 et 14 ans aujourd’hui – ont grandi avec ça comme toile de fond.
En 2014, notre famille a fait la hijra au Maroc. Les grands ont alors été scolarisés dans une petite école Montessori bilingue arabe-français, une toute nouvelle structure avec un beau projet pédagogique. J’y travaillais moi-même en tant qu’institutrice de maternelle. C’était une expérience précieuse, j’y ai appris énormément sur la pratique Montessori de l’intérieur mais aussi épuisante.
Après cette parenthèse, nous avons repris l’IEF pendant deux ans. Puis les garçons ont demandé à aller à l’école. Eux. D’eux-mêmes.
Ce n’était pas facile à accueillir pour moi, je ne vais pas te raconter le contraire. Mais le but n’a jamais été de forcer quoi que ce soit. Alors j’ai laissé partir.
Pour ma petite apprentie, c’était décidé avant même sa naissance
Quand j’étais enceinte de ma petite dernière, la question ne s’est même pas vraiment posée. Je ne m’imaginais pas la mettre à l’école à trois ans. Ça ne correspondait pas à ce que je voulais pour elle, à ce stade de nos vies.
Alors l’IEF va recommencer, différemment, plus doucement.
Choisir l’instruction en famille à 2 ans, ce n’est pas reproduire une école à la maison en miniature. Ce n’est pas des fiches, des objectifs, des évaluations. C’est accompagner l’apprentissage naturel d’un tout-petit dans son propre environnement, sans lui demander d’être ailleurs que là où il est.
À cet âge-là, tout est apprentissage. Observer, manipuler, écouter, recommencer. Comprendre que les pages se tournent dans un sens. Demander encore « pourquoi » alors qu’on vient juste de répondre au dernier « pourquoi ».
Pour moi, l’IEF avec un tout-petit, c’est avant tout une façon d’être présente. D’accompagner plutôt qu’enseigner. De créer un espace où la curiosité peut vivre librement.
Combien de temps allons-nous faire l’IEF ? Je ne sais pas. Je ne me pose pas la question. Une année à la fois, sans pression, on verra où ça nous mène.

Ni école à la maison, ni Montessori strict, juste nous
J’ai travaillé dans une école Montessori. J’ai eu une salle de classe bien fournie en matériel, une formation sur le terrain, une pratique quotidienne. Je connais les bases de l’intérieur.
Et je ne vais pas reproduire ça ici.
En partie parce que ce n’est pas possible, nous sommes au Maroc, le matériel spécialisé a un certain coût et je n’ai pas l’espace suffisant. Mais aussi parce que ce n’est pas ce que je veux. J’ai envie d’être moins rigide que par le passé, plus ouverte, plus souple avec moi-même.
Ce qui m’a toujours parlé dans Montessori, c’est cette phrase au cœur de tout : apprends-moi à faire seul. Cette confiance dans l’enfant, dans sa capacité à apprendre si on lui en donne les conditions. Ça, je le garde.
Mais je ne vais pas faire que du Montessori. Je vais prendre ce qui nous correspond, laisser ce qui ne nous convient pas, adapter, bricoler, découvrir d’autres approches qui me parlent. L’IEF ne ressemble jamais à ce qu’on avait imaginé et c’est souvent là que ça devient beau.
Ce que tu trouveras dans ce cocon
Ce blog est un journal de bord. Pas un modèle à suivre.
Tu y trouveras des activités qu’on a vraiment faites, souvent simples, souvent avec ce qu’on avait déjà à la maison. Des ressources que j’ai créées pour nous et que je partage parce qu’elles peuvent peut-être t’être utiles. Des réflexions sur ce que vivre l’IEF au quotidien veut vraiment dire, avec ses belles journées et ses jours où tout part de travers.
Et une maman qui n’a pas toutes les réponses, mais qui avance page après page, comme les livres qu’on aime.
Si tu cherches un espace parfait avec des conseils d’experte et des journées sans accroc, tu ne trouveras pas ça ici. Si tu cherches quelque chose de vrai, de doux, un endroit où souffler et te reconnaître alors reste un peu.
Le cocon est ouvert.
On est juste au début d’une histoire à écrire, une page à la fois. Cette première page s’écrit aujourd’hui, avec un livre ouvert sur le tapis et une petite main qui n’en finit pas de tourner les pages.
La suite est déjà en train de s’écrire.


